Publié par Julie dans blogueuses invitées, En vedette, Entrepreneurship, Inspiration, Rêves, ambitions, action!, Tous les billets | 8 commentaires
Cheminer au foyer, un petit pas vers soi (la suite!)
Vous avez été nombreux à acclamer et à commenter le premier billet de Valérie. Je savais que vous adoreriez! Et je SAIS que vos marques d’appréciation ont touché Valérie et ont alimenté la petite voix qui lui dit qu’écrire est sa voie et que le meilleur est à venir. Aujourd’hui, comme promis, voici la suite de son récit. À la fin, elle a ajouté une piste de réflexion pour le lecteur que j’adore. Vous pouvez bien sûr y répondre dans votre tête, mais si jamais vous avez envie de partager vos réponses, n’hésitez pas à les laisser en commentaire. Bonne lecture, et bonne réflexion! - Julie xoxo
Trouver son point… d’ébullition!
Plus calme et plus positive, je réfléchis à l’origine de mon inconfort et de mon insatisfaction : le travail. Ça s’excite, ça s’agite, ça va dans tous les sens, mais ça n’a aucun sens. Pour moi, du moins. J’y mets toujours toute ma tête, mais le cœur n’y est pas souvent. Ça suffit! J’ai atteint mon point d’ébullition! Je veux que ce soit différent.
Ça fait un moment que ça mijote tout ça, mais prise dans le métro-boulot-dodo, je ne m’y arrêtais pas. La routine, le 9 à 5, c’est sécurisant pour un temps. Mais à la longue je m’ennuie et je veux m’enfuir en courant. J’ai besoin d’apprendre, je veux tout absorber. Je suis une éponge à information assoiffée. Défis, projets, rencontres, horaire : vive la variété! Vive les jours qui se suivent et ne se ressemblent pas!
J’ai une peur terrible du changement. Mais si je ne bouge pas maintenant, dans un an, deux ans, cinq ans, j’en serai au même point, avec quelques années de vie en moins. On passe beaucoup d’heures à travailler et je veux les passer agréablement. Voilà! J’assume enfin mes goûts de luxe : je veux être heureuse au travail comme dans la vie. Je me donne la permission de me calmer le pompon et de prendre le temps, sans culpabilité, de me tricoter une vie confortable.
Aller vers un séduisant inconnu
J’ai peur de l’inconnu, peur de commettre des erreurs et ça me ralentit. Par habitude, pour la sécurité, je reste tapie dans le cocon que je me suis créé. Même si j’ai l’impression d’y végéter. Même s’il commence à m’étouffer. Mais ça aussi, j’en ai assez! Si je reste là, rien ne pourra changer.
Pour m’assouplir l’esprit, je me lance des défis. Je me pousse vers ce que je n’ai pas encore exploré. Juste pour voir où ça peut mener. Je goûte à la nouveauté. Je m’entraîne à essayer. Je prends plaisir à me déstabiliser.
Mes vêtements – beige, gris, noir – minent mon moral. Je fais entrer la couleur dans mes tiroirs. J’ose même le rose. Toujours en pantalon, je m’achète une jupe, puis une robe… mauve. Je sors la couette défaite. Je varie les plats que je commande au resto, je goûte aux olives, je cuisine le poisson. Ma santé chancelle encore et j’ai peur des aiguilles ? On y va pour l’acupuncture. Je suis en mode « furetage ». Et je commence à voir tout ce que je ne voyais pas avant et ce que je découvre me plaît et me surprend.
Adieu, Vénus du mélo, moi j’embrasse la cause caustique
Je progresse, mais mon amour-propre blessé me colle aux semelles comme une vieille gomme. J’ai un peu cafouillé avec ma vie et je le prends mal. J’ai vraiment une saleté de gros orgueil. Je vais prendre le snoreau par les cornes en l’exposant à l’ « art dédramatique ». L’autodérision : une p’tite pilule amère, difficile à avaler, mais qui ne coûte pas cher à administrer.
Comme j’ai l’habitude de me traiter de « paquet d’orgueil stressé à mort », je me trouve un surnom pour changer l’image que j’ai de moi. Je ne suis pas zen, mais j’aspire à la « zénitude ». Je suis donc une « grande inzénifiante ». C’est plus sympathique déjà.
Finis les sempiternels « états d’âne ». Je me prends moins au sérieux, je me moque de moi, j’admets – ça, ça fait mal cependant – que je suis humaine et que je commets des erreurs parfois. Je ris vraiment très jaune, mais ça me passera. Il le faudra bien, car je ne reste pas comme ça. Moi j’avance, mon orgueil reste là. Je lui passe un savon et je m’en lave les mains. Et il se produit quelque chose d’intéressant. Quand j’ai la permission de me tromper, le stress décampe et me laisse un p’tit goût de liberté, celui de la vie allégée.
Un esprit ceint dans un corset
Il y a quand même des jours où le spleen rapplique. Rien de plus facile alors que de me laisser glisser dans mes vieilles habitudes, dans mon cocon trop serré. Je dois bien me concentrer si je ne veux plus me diluer, m’éparpiller. Les habitudes, c’est tenace. Ça nous enchaîne sur place.
Je suis davantage consciente de mes limites et surtout des arguments que je trouve pour me convaincre de me cacher ou de m’immobiliser quand j’ai peur. Je dois arriver à me prendre la main dans le sac. Prendre conscience de ce que je suis en train de faire, par exemple, au moment même où je louvoie pour éviter quelqu’un, quelque chose ou une prise de décision.
J’en suis à apprendre à me déjouer quand une grosse société m’offre un poste. Je l’accepte, je travaille un peu, puis je réalise que je suis en train de choisir une grosse paye, la sécurité, mais pas le bonheur. Cette fois, je n’attends pas que ça sape toute mon énergie. Je m’écoute illico. Je remets ma démission, sans ressentir la morsure du doute. Je viens de m’extraire d’une cage et quelque chose d’apaisant prend de l’expansion en moi.
Le confort et la différence
Je veux vivre ma vie autrement. Je ne veux pas travailler pour travailler. Je sais que je veux prendre le temps de faire les choses. Que je veux décider de ce que je fais de mon temps. Je ne veux pas avoir de regrets et me consumer un jour au pays des « J’aurais donc dû ».
Je cherche toujours une nouvelle voie professionnelle. Et soudain, c’est là. Ça a toujours été là. C’est ce que je préfère, ce que je recherche dans tous mes emplois, mon bénévolat, mes loisirs. Écrire. Il n’y a rien que j’aime autant que les figures de style et le badinage artistique. C’est tellement simple, ça me glace. J’attendais la révélation d’une vocation et la solution était là. Je ne la voyais pas. Je suis une rédactrice. La carrière ne change pas, c’est le mode de vie que je revois.
Ça m’inspire. J’ai le vent dans les voiles. Je prends le large même si je me sens toute petite. J’ai peur, mais je saute. Sans filet. Qui sait ce que je vais pêcher ? Je deviens travailleuse autonome. Je ne sens pas trop que j’ai la narine marchande. Je n’ai aucun flair pour les affaires. Mais je veux vraiment voir où ça va me mener car je respire enfin.
Par les temps qui courent
J’ai découvert que j’avais une main de fer dans une mitaine de four. J’ai exprimé le désir de changer ma vie et j’ai trouvé la volonté de bouger. Une révolution tranquille s’est opérée dans mon esprit. La prison, ce n’était pas ma maison, mais mon attitude et mes habitudes.
Je suis une heureuse rédactrice-pigiste. Je travaille dans le confort de mon foyer. Vu de l’extérieur, ce que je fais n’a rien de flamboyant, mais je sens plein d’étincelles en dedans. Vivre de ma plume me donne des ailes.
J’ai changé de vitesse. Par les temps qui courent, moi je marche. Et je trouve du sens à mesure que j’avance. J’ai revu sur mon chemin la fille rieuse que je croyais perdue. Elle m’attendait simplement plus loin.
À force de se faire laver, mon orgueil a rétréci. Je sais maintenant qu’il est inutile de tant me stresser, car rien n’arrive jamais comme je me le suis imaginé. L’inconnu m’effraie toujours autant, mais je ne m’empêche plus d’aller à sa rencontre.
J’ai découvert que même si on ne sait pas où on va, on fait un petit pas, puis un autre, et plus tard, quand on regarde en arrière, ça finit par faire un chemin.
La vie, pour moi, c’est ça maintenant : ça bouge, c’est du mouvement.
On grandit, on chemine, on va… et ça va!
Piste de réflexion
Et toi, ça va?
Par les temps qui courent, marches-tu?
Vas-tu vraiment où tu veux aller? Penses-tu parfois à t’arrêter?
As-tu peur de changer de voie? Est-ce que ça va trop vite pour toi?
Est-ce que ta vie te ressemble vraiment?
La vie, ce n’est pas hier, ce n’est pas demain. C’est ici et c’est maintenant.
Choisis tout de suite ce que tu veux mettre dedans.
On apprend à vivre comme on a appris à marcher.
Un seul petit pas et on avance déjà…
Valérie Giffard est une heureuse rédactrice pigiste. Les éléments essentiels à son bonheur sont : Écrire. Découvrir. Créer. S’épanouir. Sourire. Foncer lentement, mais foncer sûrement. Pour elle, sa vie rêvée se résume à ce court paragraphe :
La vie passe en un éclair
Je veux tout voir, tout apprendre, tout faire
À mon rythme, à ma manière
Par les temps qui courent, moi je veux marcher
La tête haute
Le nez en l’air
Trackbacks/Pingbacks
- lacapitaleblogue.com | Suggestions du jour 04/16/2011 - [...] Cheminer au foyer, un petit pas vers soi (la suite!) | Riendemoins.com [...]







J’ai hésité longtemps avant d’accepter de participer au projet de Julie. Je ne voyais pas comment ma petite histoire pouvait s’inscrire légitimement parmi les histoires inspirantes des autres blogueuses invitées. Mais je lis Riendemoins entre autres parce que les billets et les commentaires des lecteurs font en sorte que je ne me sens plus aussi seule devant tous mes questionnements. Des tas de gens vivent les mêmes choses que moi. J’ai donc balayé ma petite pudeur dans un coin et j’ai choisi de sortir de sous le tapis. Tâche ardue pour une timide chronique!
Comme j’ai été récompensée de mon effort! J’ai reçu des mots gentils, de beaux témoignages et des confidences touchantes. Je me sens utile et pleine de petits picotements de joie. Je ne m’y attendais pas. Merci à Julie pour ses bonnes idées. J’ai vraiment retrouvé toute mon envie d’écrire. Et merci aux autres blogueuses invitées pour l’inspiration qu’elles ont su semer. Je suis fière que mon nom s’inscrive aux côtés des leurs. Et j’attends avec impatience la parution du prochain billet!
Valérie
Bravo et merci surtout pour ce billet. Il rejoint tout-à-fait ce que je vis présentement, mais dans ma vie personnelle. Et il me donne le goût de continuer à avancer, arrêter de pleurnicher!
Alors c’est parti pour une autre bonne journée!
En lisant ce texte, on ne peut s’empêcher de se dire: “Ben oui, ben oui, c’est comme ça que je me sentais quand…” Chercher et trouver sa voie est une expérience humaine difficile, mais nécessaire pour être bien avec soi-même. Et ça, on le sent bien dans ce texte! J’adore!!!
Je m’empresse de l’envoyer aux gens à qui ça fera du bien, car ils sont justement dans ce processus, lent à maturer, mais si bon à déguster!
Tu es merveilleuse!!!
À quand le prochain texte?
Il a 2 grandes émotions qui nous habitent à tous les jours, l’amour et la peur. Si on décide de s’abandonner à l’amour, la route est douce et remplie de belles surprises… Par contre d’être habitée par la peur, nous sommes toujours sur les freins et voyons rien de ce qui se passe à l’extérieur de la route…
L’abandon à la pleinitude nous fait un grand bonheur à l’âme !
Je crois Valérie que t’as décidé d’emprunter la route de l’amour et ce sera que du grand bonheur pour toi !
Anne
Plus j’avançais dans ma lecture, plus j’avais l’impression que c’était moi qui avais écrit ce texte… J’essaie aussi de me libérer d’un emploi qui ne convient plus ou plutôt qui ne m’a jamais convenu. Je rêve, tout comme toi, de vivre de ma plume car je suis aussi rédactrice-pigiste à mes heures. La peur me bloque encore et me retient de faire le grand saut. Je fais des pas dans la bonne direction mais j’ai tendance à reculer parfois car je me mets à douter… En te lisant, j’ai le goût de continuer, de mettre ma peur de côté et d’enfin me lancer.
Merci!
J’ai bien aimé ta phrase : je réalise que je suis en train de choisir une grosse paye, la sécurité, mais pas le bonheur.
C’est tout à fait ce que je vis présentement et je suis pognée dans une cage dorée si je peux dire ça ainsi.
Oui, j’ai un bel appartement bien situé à Montréal, à cinq minutes à pied du métro et une bonne paye. Cette dernière me permet de payer tout ce que je veux, mon loyer, ma voiture et tout le reste, mais la question que je me pose est : Suis-je heureuse au travail?
La réponse est négative, c’est assez évident. Surtout qu’à chaque jour, c’est une corvée de juste me lever pour aller au boulot, à mon avis, ça veut dire qu’il y a un problème. C’est évident que même si nous aimons notre travail, il y a des journées que ça nous tente moins, mais pas 5 jours sur 5…
En tout cas, sur ce j’ai trouvé ton texte vraiment bon. Continue d’écrire, ça parraît que tu aimes ça et bonne chance dans tous les projets que tu entreprendras!!!