2 Mar 2011

Publié par dans blogueuses invitées, En vedette, Inspiration, Rêves, ambitions, action!, Tous les billets | 6 commentaires

Composer sa propre recette du bonheur

Composer sa propre recette du bonheur

Aujourd’hui, je vous présente une autre Julie. Une Julie qui, étonnamment, me ressemble beaucoup! Une travailleuse autonome qui aime la diversité, l’intensité, le plaisir et l’équilibre! On ne s’est pas encore rencontrées, mais on sait déjà qu’on s’entendrait bien! Son billet est rempli de notions tellement importantes comme la connexion cœur/corps/esprit et les conventions sociales qui s’ancrent en nous de façon tellement sournoise. Surtout, assurez-vous de vous rendre à la fin de son billet, où elle vous propose un exercice des plus révélateurs pour trouver votre propre recette du bonheur. Merci Julie!

Les montagnes russes

L’enfant, à la naissance, est une page blanche. Tout ce qu’il apprend lui est transmis par ses pairs. Face à une situation, il va s’inspirer du comportement d’une personne proche de lui (son père ou sa mère par exemple) pour savoir comment réagir. Inconsciemment, il se dit « Tiens! Si ce qu’il fait fonctionne pour lui, alors je vais faire la même chose, ça va sûrement fonctionner pour moi aussi. » Quand on y pense, ce postulat peut paraître vrai. Cependant, il n’y a que notre propre recette qui peut fonctionner pour nous. Nous avons la liberté de choisir les ingrédients, les épices et les tours de mains pour la composer et je vais vous expliquer comment j’ai moi-même – à la dure – compris tout ça.

Il n’y a pas si longtemps que ça, ma vie pouvait facilement être représentée par des montagnes russes. Des hauts très très hauts et des bas très très bas.

Ma vision de la réussite

Tout ce que j’entreprenais, je devais le réussir avec brio. Je me mettais une pression monstre pour réussir et je déployais une énergie folle pour obtenir ce que je voulais. Sans le savoir, j’avais dans ma tête une image très nette de ce qu’était la réussite. Si je devais vous la décrire ce serait : une femme d’affaires, extrêmement occupée, toujours demandée, qui jongle entre des milliers de dossiers. Elle gagne bien sa vie et gère son stress et ses priorités d’une main de maître. Cette femme est très (trop?) sérieuse et n’arrête jamais de travailler.

Dans mes hauts les plus hauts, j’incarnais cette femme. J’étais très extravertie même si mes relations restaient superficielles avec mes amis… (Il ne fallait pas qu’ils découvrent qui j’étais vraiment). J’abattais énormément de travail et je maintenais mon niveau de stress à son maximum. C’est comme si cela me donnait de l’importance alors qu’en fait, je faisais une montagne de petites choses et j’accomplissais mes tâches à la dernière minute. Si le travail me semblait trop facile, j’étais ennuyée. Dans ce schéma, ma réussite devait être le résultat d’un travail acharné, de longue haleine, en milieu plutôt hostile. La réussite, c’était difficile. Il fallait souffrir. C’est comme ça, par exemple, que j’ai obtenu un travail dans une des plus grandes agences de communication parisienne.

Ce que mon corps me disait

Seulement, j’alternais ces phases triomphantes avec des passages à vides, dont il était de plus en plus difficile de me relever. La pression était trop forte, mon corps disait stop et je perdais toute trace d’énergie en moi. L’énergie que je devais déployer pour revenir au top me semblait trop importante pour que je me sente capable de m’y remettre. Dès que j’atteignais le but que je m’étais fixé (perdre 22 livres, apprendre l’anglais en 3 mois, courir 30 minutes 3 fois par semaine, etc.), je relâchais tous mes efforts.

Je n’avais plus envie de rien faire. Je rêvais d’une vie où l’on ne fait que s’amuser, comme à l’âge de 10 ans. J’en déduisais que j’étais fainéante et pas faite pour la réussite.

Pour la femme que j’incarnais dans ces phases, le travail ne devait être qu’un jeu, tout ce que je faisais c’était pour le plaisir et je recherchais le bonheur dans l’instant.

La prise de conscience

Un jour, j’ai décidé d’entreprendre une thérapie. Je voulais trouver mon équilibre et avoir des outils pour monter l’escalier de la vie plutôt que d’escalader la montagne comme j’avais pris l’habitude de le faire.

C’est grâce à ce travail que j’ai compris ce qu’il se passait en moi. Pour une raison ou pour une autre, mon conscient (ma tête) avait formé une image de la réussite. Cette idée, je l’ai fabriqué conformément à celle de mes parents, de mes proches et de la société. Elle était faite de conventions et de projections et aussi de mes croyances au moment où j’ai conçu ce schéma.

Mon inconscient (mon cœur et mon corps), qui n’avait pas ce besoin, me l’exprimait en me faisant agir de façon totalement opposée. La lutte incessante entre les deux m’amenait à alterner les périodes à cloche pied : sur la jambe à gauche (réussite), puis, une fois complètement épuisée, sur la droite (abandon, sentiment d’échec) et ainsi de suite…

Avec l’aide de mon coach, j’ai composé mon schéma de réussite personnel. J’ai regardé ce que j’aime le plus dans chacun de mes extrêmes et je les ai réunis pour créer ma recette unique. Je me suis remise à marcher.

Apprendre à bien se connaître et à se respecter

Pendant la recherche effrénée de ce que je croyais pouvoir constituer mon bonheur, allongeant ma « to-do list », multipliant les expériences, j’ai découvert de nombreuses passions et centres d’intérêts mais je ne voyais pas comment en faire un métier. Au contraire, je me sentais dispersée puisque contrairement à la femme qui réussit en devenant la meilleure dans une seule chose, moi j’avais le besoin d’expérimenter plein de choses différentes.

Grâce à mon travail sur moi-même, j’ai revu ma conception de la vie. J’ai compris qu’elle pouvait ressembler à n’importe quoi pourvu qu’elle me ressemble. Nous ne sommes pas tenus de travailler de 9 à 5, de faire une carrière, d’avoir une passion unique, etc.

Cette nouvelle ouverture d’esprit m’a permis de trouver ma locomotive. Alors que pendant des années je me suis jugée incohérente, j’ai finalement réalisé qu’il y a un lien entre mes différentes passions. La création, la mode, la psychologie, la communication, l’écriture… j’ai réuni tout cela dans une sorte de métier melting pot : la représentation de marques auprès de toutes petites entreprises. J’ai finalement vu mes expériences sous un autre angle. Ce qui était une finalité (faire le plus de choses possibles) devenait un moyen, un outil vers le bonheur.

Cette révélation m’a donné la force de faire quelque chose de complètement fou : quitter un  emploi stable pour devenir travailleuse autonome, rémunérée à la commission.

Même si je ne changerais ma décision pour rien au monde, je dois souvent lutter contre les doutes qui m’assaillent. Mais il suffit que je me rappelle la raison pour laquelle j’ai pris cette décision pour que ces derniers s’évanouissent. Mon schéma de réussite personnel, qui prend la forme d’une liste de critères, est devenue mon outil de référence avant de prendre une décision ou d’abandonner un projet. Je me demande si les critères sont tous bien là ou pas : est-ce qu’il faut procéder par étape? Est-ce que c’est parfois amusant? Est-ce que j’aime le résultat? Est-ce que je trouve le travail intéressant, enthousiasmant? Est-ce que je peux exprimer ma créativité?

Dans cette nouvelle configuration, je me sens plus équilibrée et complète. De plus, j’apprends que ce que je ne trouve pas dans mon travail, je peux le chercher ailleurs dans ma vie, qui a plus d’un tour dans son sac!

Il n’y a pas si longtemps que ça, je me sentais perdue et j’étais paniquée à cette idée. L’angoisse ne me quittait pas souvent. Aujourd’hui, j’ai compris que les ressources sont en moi et que je suis en perpétuelle évolution. J’ai appris que c’est mon droit de choisir ce qui me ressemble le plus, et même que c’est normal de ne pas se sentir parfaitement à sa place dans le moule de la société.

Désormais je cherche à vivre ma vie selon des besoins et des valeurs que j’ai pris le temps de définir. Je les ai choisis scrupuleusement plutôt que de les laisser guider mes pas sans savoir d’où ils me viennent. Je me les suis appropriés et je me sens en paix avec moi-même.

Composez votre propre recette

Et vous, avez-vous déjà pris le temps de réfléchir à votre propre recette?
Que vous dit votre intuition?
Votre cœur et votre corps quand vous taisez votre tête?

Pour faire l’exercice qui m’a tant aidé, vous pouvez travailler à partir de 3 colonnes : à gauche, le schéma que vous répétez (identifiez les éléments du schéma qui vous plaisent et ceux qui vous ne plaisent pas), à droite, ce que vous dit votre corps et au centre, la combinaison des deux.

Je vous invite aussi à compléter l’exercice des valeurs proposé par Julie.

Bonne découverte!

Julie Weng-la est représentante de marques d’éco-design québécois. Elle se décrit comme une personne gentille, sympathique qui aime relever les défis. Française d’origine, elle a adopté Montréal il y a 2 ans et demie. Pour en savoir plus et la lire vous pouvez visiter son blogue : Et voilà!

Photos dénichées ici, ici et ici

  1. Christine says:

    Merci pour ce beau partage ! Wow !
    C’est important d’être fidèle à soi-même dans tout ce que l’on entreprend. Pour ma part,j’ai réalisé que mon travail est un moyen de me permettre de vivre ma vie. J’ai toujours mis plus d’efforts dans mon travail que dans ma vie, mais depuis 2 ans, j’ai reviré la situation, que de légèreté !
    Félicitations pour ce beau cheminement.

  2. Merci Christine pour ton commentaire. Ce n’est jamais facile de laisser tomber le masque et de partager une histoire aussi intime, par écrit et pour un public aussi large… Je suis contente de l’avoir fait et lire des réactions me conforte dans mon choix
    (en plus de voir que mon histoire fait échos à d’autres).

  3. Pascale says:

    Bravo et merci pour ce partage authentique. Il donne envie de te connaître.

  4. Apprendre à se connaitre, c’est le travail de toute une vie! Mais si on apprend à avoir de la souplesse, de l’ouverture et du respect pour qui nous sommes vraiment, ça ne peut faire autrement que donner des résultats concret sur son indice de bonheur! Ce parcours est inspirant et me permet d’utiliser d’autres outils et questions précises, claires et authentiques pour prendre des décisions et me reconnaitre comme je suis. Merci les filles! J’adore!

  5. Bravo!!! Très inspirant merci!!!

  6. Marie-Eve says:

    Ca c’est exactement moi.

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