Publié par Julie dans blogueuses invitées, En vedette, Entrepreneurship, Inspiration, Tous les billets | 4 commentaires
Créer quelque chose de plus grand que soi
Mesdames et messieurs, accueillez cette semaine notre blogueuse, Evelyne! Nous avons quitté notre emploi presqu’en même temps et elle compte parmi les entrepreneurs de mon âge (ok, elle est même plus jeune!) qui m’inspirent énormément. Son billet reflète bien la réalité d’entreprendre. Une réalité qui évolue au fil de nos découvertes et des événements, qui s’ajuste aussi à nos préférences et à qui l’on est. Une réalité qui ressemble beaucoup et en même temps pas du tout à celle des travailleurs employés, mais qui se distingue par le désir de créer en toute liberté. Et dans son cas, c’est créer quelque chose de plus grand qu’elle même. N’est-ce pas incroyablement inspirant? Merci Evy d’avoir délaissé Photoshop pour Microsoft Word le temps de nous écrire ce billet! Julie xoxo
Prendre le contrôle de ma carrière, départ du terminus!
«Lancer ton entreprise, ça demande beaucoup de courage. Je sais pas comment tu fais…»
Ça, je me le suis fait dire souvent par mes amis. Je leur réponds que ce n’est pas du courage qu’il faut, mais plutôt un brin de folie, beaucoup de confiance en soi et une dose énorme de passion.
Je n’ai pas toujours pensé devenir entrepreneure, mais au fil du temps, j’ai développé cette envie, ce désir de créer quelque chose plus grand que moi. Je dirais même que c’est même un peu égoïste : je vois en la création de mon agence de design graphique un moyen de prendre contrôle de ma vie et d’acquérir une certaine liberté.
Un goût qui se développe lentement, mais sûrement
Avec un peu de recul, je crois que ça vient de la manière que j’ai été élevée : mon grand-père et ma mère étaient propriétaires du magasin général du village où j’ai grandi. Il n’y avait qu’un rideau qui séparait la cuisine des allées de la petite épicerie. Même si j’étais trop jeune à l’époque pour officiellement y travailler, j’ai toujours adoré donner un coup de pouce pour remplir les tablettes ou étiqueter les commandes.
En sortant de l’école, j’ai essayé de me trouver un emploi dans une agence de design graphique. Je me suis plutôt retrouvée au gouvernement comme designer web et puis comme graphiste dans une moyenne entreprise. Petite déception personnelle…
J’ai beaucoup appris lors de ces deux emplois et ai fait de superbes rencontres, mais il me manquait quelque chose. J’avais envie de plus.
Croire en son talent
J’ai un talent pour le design graphique et la création d’image. Je le crois fondamentalement. Et cette confiance, personne ne pourra me l’enlever. Ma curiosité me fait repousser mes limites et chercher à apprendre à tous les jours. J’avais envie d’investir mon temps et mon talent dans un projet qui va devenir plus grand que moi. Investir mon argent ailleurs que dans des REER… même au risque que ça rapporte moins au bout de la ligne.

Un c’est bien, mais deux c’est mieux…
Je voulais donc travailler mon projet, mais j’avais un peu peur et je ne savais pas trop par où commencer. J’en ai discuté avec une amie, graphiste aussi, qui désirait se lancer et qui avait les mêmes craintes que moi. Quelques rencontres et « brainstorms » plus tard, je m’associais avec Laura pour fonder Terminus Création.
Il est parfois moins effrayant de plonger à deux, mais il est tout de même important de prendre le temps de bien choisir son associé. La réussite du projet d’entreprise en dépend, après tout. Je sais que je suis une personne un peu anxieuse et stressée, c’est donc rassurant de pouvoir partager «l’aventure» avec Laura. Lorsque je m’emballe ou m’inquiète pour quelque chose, elle est là pour me ramener les pieds sur terre. Et vice-versa. Je sais qu’elle a le même désir de réussite et d’excellence que moi.
Garder le fort en solo
Nous avons donc commencé à travailler sur Terminus Création en parallèle de nos emplois réguliers. J’en ai sacrifié des soirées et des samedis à travailler sur des contrats!
Lors de la création du projet, mon associée avait déjà prévu un voyage de quelques mois en Europe. Le plan initial était alors d’attendre qu’elle revienne avant de nous investir à temps plein dans notre agence. Je me suis donc retrouvée, par défaut, avec tous les projets à produire.
À ce moment, les contrats sont devenus plus importants. Mon emploi m’empêchait de faire avancer mon entreprise. C’était l’occasion idéale pour me lancer à temps plein… même si Laura était en voyage. Nous nous sommes entendues et j’ai pris les rennes de l’entreprise le temps qu’elle revienne.
Bibitte sociale
J’ai donc pu tester le rythme de travailleuse autonome. Il faut la discipline de se lever le matin, être super organisée pour pouvoir maximiser ses journées. Trouver un équilibre entre la gestion de projet et la production de ceux-ci. Jongler avec les paiements irréguliers…
À ma grande surprise, le plus dur aura été de gérer la solitude. J’ai détesté travailler seule.
Pour briser la solitude et les idées grises qui venaient avec, je devais sortir de chez moi pour combler mon besoin de «sociabilité». Je continuais à réseauter via des déjeuners d’affaires ou des 5 à 7. J’ai également pris un mentor pour m’aider à développer mon côté «chef d’entreprise», pour avoir une vision plus globale du projet. La solution qui m’a fait le plus de bien: aller travailler avec des amies, travailleuses autonomes aussi, dans des cafés les vendredis.
Et j’avais tellement hâte que Laura revienne! Au final, cette période à travailler en solo m’a confirmé que j’avais fait le bon choix de m’associer avec elle pour l’entreprise.
Le grand départ, prise deux!
Depuis janvier, nous travaillons toutes les deux à temps plein pour notre agence. Je suis plus motivée que jamais. J’apprécie doublement tous les moments à travailler avec Laura. La prochaine étape sera la location d’un bureau, car nous travaillons présentement de ma résidence. Malgré toutes les interrogations et périodes de stress, je reste positive et fonceuse. J’ai confiance qu’au bout du compte, notre projet va réussir.
Bien que passionnants, les premiers mois de la création d’une entreprise sont un peu chaotiques et stressants. Non, à bien y penser : très stressants! Il faut en premier lieu croire dur comme fer au fond de soi que ça va marcher et être prêt à consacrer ses énergies à son projet. Et ne pas oublier de s’entourer des bonnes personnes.
Lancer une entreprise, et la structurer, c’est un défi important, oui. Mais ce n’est peut-être pas aussi gros que certaines personnes le croient. Ce n’est pas un acte de courage, mais un acte de foi. Parce qu’il faut se lancer sans la certitude, mais en croyant en notre débrouillardise. À notre intelligence. Au bout du compte, on continue à se lever chaque matin pour travailler, mais mais le sentiment qu’on a à travailler à bâtir quelque chose de toutes pièces. Qui deviendra peut-être plus grand que nous-mêmes et qui laissera sa marque est incroyablement satisfaisant.
Mon but pour la prochaine année sera de trouver un équilibre entre ma vie professionnelle et personnelle, car je travaille encore beaucoup et il y a tant de choses que je veux faire. Je veux bâtir ma vie rêvée… et je crois que je suis bien partie!
Evelyne L.Morin est une artiste curieuse et bricoleuse, aimant le jaune et les chevreuils. Elle est aussi associée chez Terminus Création, une agence de design graphique. Combinant des études en arts plastiques et en design graphique, elle cherche à rendre le beau à l’utile… et l’utile à l’agréable.
Twitter : @evymorin / Blogue perso : evymorin.com
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Je ne connaissais pas son blogue. Merci de me l’avoir fait découvrir.
J’aime bien lire le vôtre
ha! c’est ben le fun de lire ces textes de belles personnes qui à l’aube de la trentaine, foncent et croient en eux et en la vie. Ça donne envie d’un second départ… inspirant les filles! Merci!
Très inspirant Evelyne! Continuez comme ça, vous êtes sur la bonne voie! Je suis très heureux de vous avoir rencontrer!
Kevin
Quel bon billet !
Je suis en démarrage d’entreprise depuis un an et ma fille vient de faire le grand saut pour se joindre à la Cie.
Nous avons justement eu cette réflexion cette semaine…
Il y a tant de choses à faire mais nous sommes contentes de travailler fort car comme tu l’exprimes si bien, “on a le sentiment qu’on travaillent à bâtir quelque chose de toutes pièces, qui deviendra peut-être plus grand que nous-mêmes et qui laissera sa marque”.
Ce fut un plaisir de te lire. Bonne chance dans tes projets !