29 Apr 2011

Publié par dans blogueuses invitées, En vedette, Inspiration, Tous les billets | 7 commentaires

Et si on se simplifiait la vie?

Et si on se simplifiait la vie?

Marie et moi nous sommes rencontrées au travail. Je l’ai remplacée pendant son congé de maternité, puis à son retour, nous sommes devenues collègues et amies, complices même. Au cours de ma dernière année en poste, j’ai vu Marie se transformer, littéralement, et s’épanouir. Chaque fois qu’elle me disait quelque chose qui témoignait d’une confiance en elle grandissante, je me réjouissais de la voir embrasser son bonheur. Alors inutile de dire que quand j’ai lu ce billet, j’ai (encore) applaudi. Marie, je te souhaite de te lancer à la poursuite de tes rêves, petits et grands, comme tu as si bien su le faire il y a 10 ans. Et surtout, je te souhaite que ce bonheur et cette légèreté ne te quittent jamais! – Julie xoxo





Arrive un moment dans la vie où on sait pertinemment ce dont on ne veut plus. Je ne veux plus ressentir ce sentiment d’insatisfaction persistant. Je ne veux plus subir cette angoisse d’attendre une critique… négative. Je ne veux plus JAMAIS me sentir meurtrie par quelconque remarque désobligeante. Ouf! Voilà, c’est dit!

Je ne sais pas vraiment où ce soudain vent de légèreté me mènera. Je sais juste qu’à l’aube de mes 31 ans, je veux goûter à la liberté…de mes propres choix. J’ai décidé de me reconnecter avec mon fil de confiance, perdue en route. Vous savez? Ce petit fil conducteur qui nous recentre sur soi et nous guérit de la dépendance excessive du regard des autres.

Vivre au lieu d’anticiper

Je ne suis pas particulièrement susceptible. Je dis toujours qu’un échange constructif est très salutaire. Après tout, toute remarque est bonne à prendre quand la personne qui la livre nourrit des intentions honnêtes.

Je pratique souvent l’autodérision en me moquant de mes défauts. Avec le temps, j’ai même appris à exceller dans cet art qui m’a permis de me créer une semi-carapace devant les autres (lire : me livrer comme proie toute crue à quiconque veut évacuer une tension).

En revanche, je suis quelqu’un d’ULTRA sensible, prête à tout pour faire plaisir, à donner sans compter (mais en espérant secrètement recevoir la pareille), à sacrifier mon propre bonheur aux dépens de celui des autres…et finalement, qui souffre en silence, étouffe d’un trop plein de bonne volonté ainsi que de complaisance et s’éteint à petits feux par ces regards ingrats et malhonnêtes.

Avez-vous déjà été embarqué, malgré vous, dans la folle spirale des relations toxiques? Vous avez beau vouloir vous dépêtrer de ses liens, leurs nœuds inextricables vous retiennent au sol. En lisant ces dernières lignes, vous comprendrez sans doute pourquoi je suis la proie idéale de ces prédateurs, les « toxiques », qui rôdent autour de chacun d’entre nous, mais qui sortent leurs griffes qu’auprès d’un petit groupe d’élus.

Eh oui, j’ai longtemps, trop longtemps, été leur « victime ». Patrons qui humilient et qui « pilent » dessus la « proie », connaissances qui répandent des commérages, « amis » ou famille qui ridiculisent, manipulent, qui vont même jusqu’à critiquer sournoisement et négativement… En tant que « proie facile », on encaisse les coups, on accepte, on tolère, on veut plaire à tout prix, on se met à la place de l’autre…on leur trouve même des excuses pour ne pas bafouer cette relation, supposément « sacrée ».

Pire, on en vient même à anticiper leurs paroles, mauvaises bien évidement, au lieu de vivre le moment présent. Essayer de trouver des parades ou des stratégies d’évitement, à angoisser, car on ne veut pas qu’on pointe le doigt sur LA faille, à ressasser les mêmes humiliations, défaites ou insatisfactions…Bref, je me suis longtemps sentie emprisonnée par des gens qui m’ont rendu la vie dure.

Pourtant, je ne leur avais rien fait. Non, rien du tout, si ce n’est accorder du pouvoir à leur propos, en les tolérant et en m’emmurant dans mon mutisme.

Opération : s’entourer des gens qui nous veulent vraiment du bien!

Jusqu’à tout récemment, je ne connaissais pas du tout le sens du mot « toxique ». C’est Julie, une ancienne collègue, une amie qui est apparue dans ma vie pour une saison, la riendemoins de ce blogue… thérapeutique, qui a traduit en des mots simples ce mal-être qui commençait à ronger ma confiance, à miner mon moral et à me faire voir la vie à reculons. (Note de Riendemoins : je rougis, Marie, mais je suis heureuse qu’une phrase que j’ai prononcée t’ait amenée à voir un peu de lumière)

Comme dit ce proverbe porteur de sens, « si tu ne sais pas où tu vas, regarde d’où tu viens ». Cela peut vous paraître étonnant, mais dans des moments de doute, je regarde en arrière et cela me redonne une bonne décharge de confiance et d’audace. Je me revois, il y a 9 ans, débarquer, avec mes deux valises, sur un nouveau continent, pourtant francophone, mais à des lustres de ma réalité culturelle. J’ai choisi de vivre une aventure de vie à Québec. Pour un an au départ. Pour me dépasser. Me chercher. Voir si j’étais capable d’être moi et de faire ma place parmi des milliers d’inconnus. Ce rêve d’évasion s’est vite transformé en projet de vie. J’ai adopté ma terre d’accueil et choisi d’y déposer mes bagages pour un peu plus longtemps que prévu. Eh oui, quand je regarde en arrière et vois la personne que je suis devenue, je me sens fière…de tout ce chemin parcouru.

Je ne sais toujours pas si j’aurais un jour le courage de défier verbalement, haut et fort, toutes les personnes toxiques qui peuplent mon existence. Je sais en revanche que j’ai le pouvoir de les éviter, de leur accorder l’importance que j’aurais décidée et de fuir comme la peste toutes mauvaises postures affectives.

Un jour prochain, cette plaie béante, signe d’un cruel manque de confiance, creusé par tant d’humiliations, critiques ou mesquineries, va se cicatriser. Je me le jure!

Pour le moment, je me sens en paix avec moi. Je veux continuer à donner en toute générosité à ceux qui font partie de mon cercle d’amour et m’abreuver de moments de plaisir que j’aurais concocté pour ne plus rien attendre des autres, les toxiques. Quitte à paraître pour une égoïste, c’est de cette manière que j’entends dicter ma vie.

Je sais avec qui je veux être. Je choisis de m’entourer de gens vrais pour vivre ma vie rêvée, heureuse et épanouie… en toute liberté et en totale osmose avec mes valeurs et ma personne.

Vivre, simplement

Vous doutez de vous? Vous n’avez pas le sentiment d’être totalement heureux?
Vous avez l’impression que votre vie roule à mille à l’heure et d’en être le spectateur? Vous en avez assez d’être la victime?

Absorbée par la routine, j’ai souvent jonglé avec chacun de ces états d’âme. Mon rapport à la notion du « bonheur » a totalement changé quand j’ai appris que ma maman avait un cancer du poumon et des intestins, il y a maintenant 3 ans. Ma mère a mis sa vie entre parenthèses pour élever ses cinq enfants, pour veiller sur mon petit frère autiste et pour goaler une maison comme un coach de hockey le ferait avec son équipe. Pourquoi ne mériterait pas d’être heureuse elle aussi ? Au lieu de cela, sa vie actuelle n’est que souffrance, douleurs et traitements. Elle m’a dit l’autre jour, entre deux séances de chimio : « Marie, la vie est trop courte. Elle se fane feuille après feuille. Ne te tracasse pas avec des choses qui n’en valent pas la peine. Profite de chaque seconde. Le bonheur, c’est maintenant, car on ne se sait pas de quoi demain sera fait. Ton futur, c’est toi qui le conduis, pas les autres. N’aie pas peur de la vie, sois légère comme l’air, vole vers ton bonheur ».

Je me sens impuissante d’être aussi loin d’une personne aussi admirable et courageuse. Je n’y peux rien face à cette maudite maladie. J’ai choisi de vivre ma vie à 6 000 km. Je l’assume, même si la culpabilité me ronge. C’est moi qui devrais lui dire de continuer à se battre. Et pourtant, c’est sa frêle voix qui me réconforte et me pousse à vivre à fond chacun de mes désirs et projets, sans peur d’être jugée ou critiquée, pour moi… pour la vie que je me construis.

Carpe diem…


Je suis Marie. Une idéaliste, une rêveuse au grand cœur qui a été inspirée par la philosophie Carpe Diem « Profitez du jour présent mes amis, que votre vie soit extraordinaire. Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie » (citation tirée du film culte Le Cercle des poètes disparus). D’origine française, j’ai choisi à 22 ans de prendre ma vie d’adulte en main et de partir à la conquête de mon bonheur. J’ai posé mes valises à Québec, ma terre d’accueil que j’ai adoptée et qui a ponctué ma vie ordinaire de moments extraordinaires. Ma couleur préférée est le mauve, et l’écriture est mon exécutoire… ma façon d’adoucir les bobos que sème la vie.


  1. Wow, j’ai fait ce genre de démarche et de prise de conscience à 40 ans. Bravo de partager ça avec d’autres qui pourront en prendre conscience plus tôt, comme toi! De te relire permet de garder le cap! Merci! MJ

  2. Wow!

    Je réalise une fois de plus qu’il n’y a pas de hasard.

    Ton texte, Marie, est venu me chercher car je me suis reconnue dans ce rôle de proie facile pour les gens toxiques. Heureusement, ça fait maintenant partie de mon passé.

    Comme toi, quand je doute d’où je vais, je regarde le chemin parcouru.

    Quel beau cheminement Marie. Merci de le partager.

  3. Chère Marie! Quel bonheur de te lire ! Tu es une fille Extra… je le sais, je t’ai déjà côtoyé i’tou lors d’un ancien boulot ;) !
    Que la vie t’apporte bonheur, multiple rêves et découvertes! Vive les âmes sensibles… et les belles plumes! xx

    Jo

  4. Marie, Marie !
    Tant de souffrance au début de ce texte, puis de réflexion, de prise de recul, pour finir en une totale confiance en soi et un chemin tout droit tracé vers le bonheur ! Je t’admire, je t’ai vu évoluer, et je suis si fière de toi, même si je pense qu’avec les km qui nous séparent aujourd’hui, je suis encore loin de la réalité, ta réalité…
    De nos deux vies qui se sont croisées un moment -et auraient pu se décroiser mais non, heureusement!- il ressort une amitié qui m’est chère. Et comme toutes les amitiés, elle n’a pas besoin qu’on se voie souvent (même si ce serait hachement plus mieux !)
    Ton texte m’aide aussi… moi qui suis un peu comme toi, un peu comme tous, à souffrir parfois inutilement, à ruminer et ne pas comprendre les attaques des autres.
    Alors que… carpe diem, et même : “on n’a que le bonheur qu’on se donne” !! Tu vois, c’est cette phrase-là qui guide ma vie et qui m’a été dite par une tante, par hasard, sans qu’elle se rende compte du bien qu’elle me faisait à ce moment-là, elle aussi. Un peu comme ton amie Julie.
    Bravo à toi Marie, pour ce texte, et pour tout le reste. Même si tu ne le crois pas toujours, tu es forte… et tu le resteras :)
    Merci pour ce super blog, Julie !

  5. Bravo ! Ces personnes “toxiques” sont terribles et nous leur donnons beaucoup trop de pouvoir. Nous sommes malheureusement nombreux à plier sous leur emprise… Réussir à s’en défaire est un travail de longue haleine et loin d’être facile. Tu peux être fière de toi d’avoir choisi de leur tourner le dos pour te concentrer sur les gens que tu aimes et qui t’aimes.

    Quant à ta maman, toutes mes pensées vont vers elle. Le conseil qu’elle t’a offert vaut de l’or et m’a donné les larmes aux yeux.

    Merci d’avoir partagé ton histoire avec nous. Je me sent enrichie par elle :-) Ton titre “Vivre au lieu d’anticiper” résonne en moi à un point que tu ne peux imaginer !

    @Julie : Tu veux pas organiser un café rencontre ? Ce serait tellement fantastique de se retrouver pour de vrai ! Je meurt d’envie de vous rencontrer en tout cas, toutes ces histoires me font grandir !

  6. Chère Marie,

    tu es belle en dehors comme en dedans. Bravo pour ton texte très touchant qui permet de réfléchir aux dynamiques des relations humaines. Nous ne sommes pas des bibittes simples…

    Je salue ta fragilité empreinte de sensibilité. C’est une force incroyable. Regarde aussi la force de coeur qu’elle donne à ta chère maman. J’ai une pensée pour elle et pour toi.

    On est tous fragiles. La vie est fragile. Pour prendre soin de la vie, je crois qu’il faut savoir prendre soin de nous-mêmes et ainsi on est plus généreux et rempli de compassion pour les autres… Quand on s’aime, on aime mieux les autres.

    Tu peux être fière de toi regarder en arrière et en avant en affirmant haut et fort la merveilleuse personne que tu es. Il y a plein de monde qui t’admire pour ton audace, ta créativité,ton courage et toutes les belles qualités que tu as! J’en fais partie!

    Ton amie Pascale xx

  7. Je suis d’accord avec toi… Même si c’est parfois difficile de garder à distance les personnes “toxiques” pour nous parce que ce n’est pas toujours intentionnel, il est essentiel d’investir dans les relations vitalisantes! Parce que c’est rare à trouver et que c’est infiniment précieux!

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