14 Apr 2010

Publié par dans En vedette, Inspiration, Rêves, ambitions, action!, Tous les billets | 9 commentaires

La peur au ventre

La peur au ventre

Attaquer sa crise de quart de vie, changer les choses, choisir un chemin un peu moins fréquenté, réorienter sa vie, foncer et poursuivre ses rêves sans regarder en arrière… C’est bien tentant tout ça, mais si on y pense trop longtemps, le vertige nous prend, non?

Croyez-moi, je sais ce que c’est. Le feeling montagnes russes, ça m’arrive toutes les semaines sans exception. Une journée, j’ai l’impression que les astres s’alignent, je déborde de confiance et j’entrevois clairement ma réussite. Le lendemain, je vois ça gros et j’ai l’impression que je n’y arriverai jamais.

Mais ce n’est pas ça le pire. Le PIRE, c’est qu’il peut se passer des semaines, des mois, voire des années sans qu’on ne lève le petit doigt pour faire de ces rêves une réalité, et ce, même si on lit des billets de blogues motivants tous les jours, même si on a confiance en soi et même si on croit qu’on a les capacités pour y arriver. Euh, mais pourquoi?

Parce qu’on a peur, voyons!

On dit qu’on attend le bon timing, d’avoir amassé assez d’argent, d’être « prêt(e)». La vérité : il n’y aura pas d’excellent timing. Comme le dit si bien Amber, si on planifie toujours après un an, c’est qu’on se défile en fabriquant des excuses parce qu’on a peur d’y perdre au change.

  • Peur de ce que les autres vont penser
  • Peur de se tromper
  • Peur de ne pas être à la hauteur
  • Peur de ne pas être plus comblé(e)
  • Peur de devoir composer avec une baisse de revenus
  • Peur de ne pas trouver de clients
  • Peur de décevoir
  • Peur d’être différent(e) de ses proches
  • Peur d’échouer
  • Peur de devoir investir beaucoup de temps et d’énergie
  • Peur de voyager seul(e)
  • Peur de faire faillite
  • Peur de perdre ses amis de vue
  • Peur de se faire avoir
  • Peur d’être jugé(e)
  • Peur de se retrouver seul(e)
  • Peur de ne pas être crédible
  • Peur de ne pas s’intégrer
  • Peur de le regretter

Bref, on a peur de perdre nos acquis. Parce que notre vie n’est pas parfaite, mais elle a un avantage sur l’inconnu : on sait qu’on y est plutôt confortable et que malgré tout, on ne s’en sort pas si mal. Plus, notre égo est intact.

Quelques faits sur la peur

La peur est une émotion naturelle qui sert à nous protéger des dangers. Or, la plupart des peurs que nous vivons au quotidien sont reliées à des éléments qui n’ont rien de menaçant pour notre vie. À chaque fois que nous sommes confronté(e)s à quelque chose de nouveau, nous ressentons naturellement une petite crainte, une réticence.

Ce qui signifie que chaque fois qu’on veut avancer sur des chemins jamais fréquentés auparavant, chaque fois qu’on veut grandir et sortir de notre zone de confort, nous avons peur. Encore plus lorsque nous allons vers quelque chose qui est important pour nous. Plus quelque chose nous tient à cœur, plus on se soucie des résultats. Et plus on a peur de se péter le nez. Saisissez?

Alors si vous avez peur, demandez-vous : qu’est-ce que ça me dit à propos de ce qui est important pour moi?

Besoin d’un exemple? J’ai peur de ne pas faire assez d’argent si je deviens travailleuse autonome ou entrepreneure. Ce que ça me dit : Que c’est important pour moi d’avoir les moyens de subvenir à mes besoins, mais plus encore, de gagner assez pour vivre confortablement, réaliser mes projets personnels et mes rêves. Ce n’est pas mal en soi, et ça ne sert à rien de faire semblant que l’argent n’est pas important.

Là où ça se corse : De plus en plus, le vertige me prend quand je pense à ce qui pourrait arriver si les choses ne changent pas. J’ai AUTANT peur de ça que d’être sans le sou. Ce que ça me dit : ce qui est important pour moi est de mettre de l’avant les idées et projets que j’ai en tête et de les réaliser. C’est important pour moi d’être maître de mon horaire et de ma vie.

Qu’est-ce qu’on fait avec ça, alors? On paralyse (parfois longtemps), ou on brainstorm une façon d’avoir le beurre et l’argent du beurre – en quelque sorte.

Diminuez le risque

Dernièrement, dans le cadre de mon travail (d’employée :) ), j’ai interviewé Claude Ananou, un entrepreneur en série, visionnaire et professeur à HEC Montréal. Dans son livre sur l’alternative au plan d’affaires (si vous êtes en train d’en écrire un, arrêtez ça tout de suite et achetez son livre), il redéfinit la notion de risque.

Ses conseils – qui s’appliquent tout à fait à vous même si vous n’avez pas de projet d’affaires – vont comme suit :

Commencez petit
Vous voulez changer de carrière? Devez-vous nécessairement retourner aux études? Est-ce qu’une de vos connaissances pourrait vous présenter quelqu’un susceptible de vous offrir un stage ou un emploi dans ce nouveau domaine qui vous attire? Est-ce qu’il existe une option d’études à temps partiel, à distance? Est-ce que lancer une entreprise dans ce domaine vous éviterait d’aller chercher un nouveau diplôme? Que pouvez-vous apprendre par vous-mêmes en ligne ou en assistant à des conférences?

Vous rêvez d’ouvrir un restaurant? Commencez par tester vos recettes auprès de vos amis. Partez un service de traiteur. Commencez à générer des revenus et validez la demande avant d’aller emprunter ou de louer un local.

En d’autres mots : personne n’a besoin de sauter dans le vide ni d’investir des milliers de dollars dès le départ. Et au fil du temps, vos succès – et votre résilience face aux échecs – vous rendront plus confiants.

Tracez votre seuil de tolérance au risque

Identifiez votre sensibilité aux 6 niveaux d’incertitudes
Déterminez ce que vous êtes prêt(e) à accepter et ce qui est non-négociable. Fixez-vous une limite psychologique.

  • Financier – Vous êtes prêt(e) à accepter une baisse de salaire mais pas en bas de 40 000$.
  • Temps – Vous vous donnez combien de temps pour réévaluer votre décision?
  • Santé – Prêt(e) à être stressé(e) plus qu’à l’habitude pendant un certain temps?
  • Famille et vie sociale – Acceptez-vous de devoir investir un week-end sur deux à vos travaux d’université?
  • Notoriété – En cas d’échec, certains se foutent éperdument de l’opinion des autres. D’autres ne sont pas prêts à perdre leur réputation auprès de leurs institutions financières, par exemple.
  • Estime de soi – Votre égo serait détruit par une faillite… mais vous pourriez vivre avec le fait de devoir retrouver un emploi rémunéré.

Ensuite, trouvez un projet et une stratégie qui correspondent à ce que vous êtes prêt(e) à investir et à risquer de perdre.

Par exemple, j’ai choisi le travail autonome comme première étape vers l’entrepreneuriat, et ce, même si j’ai 1001 autres idées d’entreprises. Ainsi, je n’ai pas besoin d’investir des milliers de dollars et de mettre de côté mes autres projets – et je peux commencer à bâtir ma clientèle tout en conservant mon emploi. Je ferai le saut quand je serai plus confiante de pouvoir en faire une source de revenus intéressants. En attendant, j’ai quand même l’impression d’aller de l’avant et de construire ma vie rêvée.

Trouvez-vous des modèles

Pour dompter la peur et apprivoiser l’idée d’oser vivre selon vos propres règles et standards (ce qui implique parfois de sortir un peu du lot), référez-vous à d’autres qui ont réussi.

Connaissez-vous des gens qui vivent la vie dont vous rêvez? Qui vivent de leur art ou qui ont fait le tour du monde? Qui ont travaillé à l’étranger? Qui ont changé de carrière ou réussi en affaires? Prenez contact avec eux, allez boire un café. Il n’y a rien de mieux pour dégonfler les peurs et remettre le tout en perspective. De plus, à l’image d’un mentor, il partagera ses bons et moins bons coups pour que vous évitiez de répéter les mêmes erreurs. Vous n’en connaissez pas? Cherchez en ligne. Il y a certainement des blogueurs qui racontent leur histoire et desquels vous pouvez vous inspirer.

Et surtout, sachez que ceux que vous admirez, qui vous inspirent et qui semblent avoir la témérité que vous n’avez pas ont peur autant que vous. La différence : ils agissent malgré la peur. Avec la pratique, ils ont appris que 99% de leurs peurs ne se concrétisent jamais. Et selon ce blogueur que je suis régulièrement : ils arrivent surtout à faire fi de leurs craintes en se concentrant sur la valeur ajoutée qu’ils créent et sur ce qu’ils peuvent apporter aux autres.  Donc quand la panique vous prend, rappelez-vous ce que vous apporterez à la société à travers votre voyage humanitaire, le fait de devenir infirmière ou de créer le plus hot concept de boutique de thé…

Le monde a BESOIN de vous, de vos qualités exceptionnelles et de vos idées géniales!

Le pire scénario

Et entre vous et moi, quel est le pire qui pourrait arriver? Allez-y, écrivez le pire scénario – celui où toutes vos peurs se concrétisent.

Ok, j’y vais en premier :

Je laisse mon emploi et je me lance à mon compte pour réaliser que mes clients n’aiment pas mon travail et ne m’embauchent plus. Ils me font même de la mauvaise publicité en ligne. Résultat : je n’ai pas suffisamment de clients et l’argent ne rentre pas. Je dois utiliser toutes mes économies. Pire, je dois puiser dans ma marge de crédit et pire encore, l’épuiser et malgré mes efforts, je n’ai toujours pas de clients. Je tente de vendre quelques produits en ligne en lien avec mon blogue et personne n’achète rien. J’emprunte tout plein d’argent à mon chum et je le ruine, si bien que nous devons vendre notre voiture, nos vélos, nos skis de fond, notre télé à écran plat, couper le câble, le cellulaire, les restos (vous voyez où sont mes priorités), peut-être même déménager dans un plus petit appartement et mettre une croix sur les projets de voyages et de maison pour les cinq prochaines années pour cause de marge de crédit à rembourser.

Vous savez quoi? Il y a de fortes chances qu’avant d’arriver là, je tente de retrouver un emploi. Si je n’en trouve pas? J’irai travailler dans un restaurant. Pas d’emploi non plus au restaurant? Je vais peut-être devoir demander à un membre de ma famille de nous héberger un moment – voire nous nourrir – pendant quelques temps. Et si par comble de malheur nous faisons faillite, nous ferons comme tous ceux avant nous qui sont passés par là : vivre 7 ans sans cartes de crédit (maudite bonne affaire quand on y pense) en sachant qu’on y survit. Et au pire du pire, cinq ans, c’est plutôt court dans une vie et c’est assez long pour se remplumer. Au moins, j’aurai essayé.

Mais on raconte tout ça pour rien, parce que je suis pas mal certaine qu’à quelque part avant la fin de ce scénario « effrayant », je trouverais une solution. Et je gagerais ma paye que vous aussi.

Dans vingt ans, vous regretterez davantage les choses que vous n’avez pas faites que celles que vous avez faites. Alors n’hésitez pas et larguez les amarres. Partez. Faites gonfler les voiles. Explorez. Rêvez. Découvrez – Mark Twain.

Je vous laisse avec cette réflexion : entre l’idée de vous accommoder de votre vie confortable-mais-pas-si-confortable-que-ça-au-fond ou viser une vie peut-être-exigeante-et-remplie-de-défis-mais-tellement-passionnante-que-vous-avez-envie-de-le-crier-sur-tous-les-toits, quel scénario vous fait le plus peur?

  1. Tu es vraiment inspirante ce matin!! ;) De tous les livres que j’ai lu et de par ma formation en coaching, effectivement ce sont les peurs qui sont notre plus grand ennemi. Et tu l’as très bien décrit. J’adore ton texte!

  2. Ça fait du bien! On se sent moins seule dans nos doutes et de lire ton billet, qu’on affronte nos peurs! Mordons dans la vie ! Comme il n’arrive jamais rien pour rien, je me dis qu’il y a toujours quelque chose de bon qui nous attends dans le détour! :)

  3. Marie-Eve :) says:

    Je vais dans le même sens que les 2 derniers commentaires: très inspirant ton billet oui :) T’as le livre dont tu parle dans ton texte?? Si oui jme mets en file d’attente pour te l’emprunter hihihi

  4. Excellent article très inspirant. Ça fait du bien à lire et en plus, tout au long de la lecture, pleins d’idées me viennent en tête. Je partage également ta façon de voir les choses, à 25 ans, j’ai décidé de travailler pour un employeur, d’y apprendre et d’y acquérir mon expérience. De plus, même si j’arrive au stade où je veux prendre ma vie en main et passer à la prochaine étape (maison, famille, etc.), je continue de travailler à temps partiel sur mes projets personnels qui me tiennent à coeur. Ce sont généralement ces projets qui me donne envie de me lever le matin et de foncer. Faire le saut complet du jour au lendemain serait probablement trop effrayant. En y allant progressivement, cela me permet d’approfondir mon idée de Boutique en ligne, en plus que d’acquérir connaissances sur comment faire.

    Le livre de Claude Ananou sera certainement l’un de mes livres de chevet cet été :)

  5. Superbe article (et visuellement magnifique blog Julie). Merci aussi pour la référence sur le travail de Claude au niveau des risques. La portion coaching sur les risques est un des éléments clé de la réussite avec SynOpp.

    Une des grandes difficultés avec les peurs c’est à quel point elles sont ancrées, basées dans l’irrationnel et si chargées émotivement. Voilà pourquoi j’aime bien l’acronyme anglais F.E.A.R. (False evidence appearing real)

    Le travail avec un coach est une bonne façon d’en surmonter quelques-unes et effectivement dans certains cas, une aide encore plus spécialisée peut être requise. Toutefois, la plupart du temps, il faut choisir celle qui nous nuit le plus, se mettre en action, faire de petits gestes pour confronter nos perceptions, nourrir de “vrais” résultats notre conscient de manière à ce qu’il finissent par craquer les fondations des paradigmes qui nous habitent.

  6. Julie says:

    @MamanCoach @Toutautourdemoi @Marie-Ève : Merci pour vos bons mots. Ça me fait autant de bien de savoir que je ne suis pas seule et que vous vous reconnaissez là-dedans!

    @Patrick Il n’y a pas de doute, toi et moi on est dans le même bateau! Mais ce sont les petites actions qui finissent par porter fruits. On lâche pas!

    @Alain Tu as raison, ce n’est pas toujours aussi simple qu’on le voudrait de se débarrasser de certaines peurs irrationnelles, voire inconsciente, qui viennent de bien loin. Attention tout le monde, si vous cherchez un coach, c’est lui qu’il faut contacter!

  7. Ah, merci ça me prenait un p’tit coup de pied au derrière, ce matin.

    Ma business je la fais à temps partiel en plus de mon travail à temps plein, car je suis le seul revenu de la famille. (Unité familiale comprenant moi, mon mari et notre futur chat) Par contre, je sais que lorsque j’aurai besoin de plus de temps pour développer mon entreprise, je devrai trouver du boulot à temps partiel et ensuite partir à temps plein avec la business… Mais tu sais quoi?

    J’ai peur.

    Mais j’ai compris, à force de te lire, à force d’écouter les conseils des autres entrepreneurs que la peur, c’est normal. Il faut juste trouver un moyen de passer par dessus.

  8. Ce sentiment de vertige, que tu décortiques si bien, est sans doute nécessaire pour également apprécier l’ivresse de se lancer.

    Merci pour ce billet inspiré et inspirant. Et merci aussi de tes encouragements…

  9. Nann says:

    Bonjour,

    Votre article est très bien écrit,et redonne courage. Il permet de désacraliser, et segmenter ses peurs.
    Tous, à un moment donné, nous retrouvons dans ce cas : dois je changer ou pas, vers quelle direction, ai-je le cran, Quelle sens je donne à ma vie …
    Personnellement, je me trouve absolument dans ce cas: j’ai 34 ans, ai fait de fausses études de commerce, payées par mes parents, qui avaient les moyens; suis actuellement commercial dans une grande entreprise, avec depuis 7 ans, ce mal au ventre qui me bouffe tous les matins avant d’aller au travail.
    Oui, pour changer. Oui, pour se lancer. Oui, pour y aller progressivement. Perso, je ne sais pas dans quelle direction aller. Mon angoisse est pathologique, et m’empêche de réaliser quoi que ce soit. Je pense qu’il faille bien différencier cette peur, logique, inhérente à chaque espèce humaine, qui permet d’avoir une attitude raisonnée face au danger, et, personnellement, ce que je ressens tous les jours, une angoisse de la vie. Une peur irraisonnée, qui handicape.

    Je vais tout de même réfléchir et répondre à vos questions : tenter d’avancer, quoi !

    - qu’est-ce que ça me dit à propos de ce qui est important pour moi?
    - Diminuez le risque
    - Tracez votre seuil de tolérance au risque
    - Trouvez-vous des modèles
    - Le pire scénario

    Bien à vous,

    Yann

Laissez un commentaire