7 Jul 2011

Publié par dans blogueuses invitées, En vedette, Inspiration, Tous les billets | 2 commentaires

Nouveaux défis et syndrome de l’imposteur. Ou comment apprendre à reconnaître sa juste valeur.

Nouveaux défis et syndrome de l’imposteur. Ou comment apprendre à reconnaître sa juste valeur.

En lisant le billet de Mélanie, j’ai tout de suite pensé à mon billet « Confortablement inconfortable ». Le même désir de performer, de réussir. La même angoisse du regard des autres. La même aise dans l’univers des mots, de l’écrit. La même crainte des projecteurs. Nous avons fait toutes nos études universitaires ensemble, mais ce n’est que 5 ans plus tard que je découvre en Mélanie une fille qui me ressemble beaucoup! Incroyable, quand même. Mais pas si surprenant de par notre nature réservée. Son billet m’a aussi fait pensé au Shy Girl’s Manifesto que j’adore. Et il m’a fait réfléchir. Pourquoi donc avons-nous à ce point tendance à nous sous-estimer, et à craindre de perdre la face? C’est quelque chose que je me force à surpasser. Parce que trop souvent, cette crainte pourrait nous freiner. Nous faire hésiter et nous tenir loin d’expériences pourtant libératrices et enrichissantes. Dans les moments où la honte de l’imperfection menace de faire trembler ma voix, une seule phrase réussit maintenant à la faire déguerpir. Cette phrase, c’est : Sois toi-même. Oui, juste ça. Parce que le monde a besoin de chacune d’entre nous telles que nous sommes réellement. De chacune de nos nuances, de nos couleurs et, oui, des défauts de nos qualités. Au même titre que nous avons besoin de chaque expérience, positive ou non, que la vie place sur notre chemin pour apprendre, grandir et nous épanouir à notre plein potentiel. Donc bravo Mélanie, d’avoir foncé malgré la peur. Je suis heureuse que tu aies découvert ta juste valeur à titre d’étudiante chercheure. – Julie xoxo

Les aléas d’une maîtrisarde

Je n’avais pas pensé faire une maîtrise. Ce n’était pas pour moi. Le baccalauréat complété, je désirais me retrouver sur le marché du travail, ce que j’ai fait pendant trois ans. Puis, ça m’a pris, ce désir d’un retour aux études. J’étais mûre pour de nouveaux défis. Après avoir étudié à l’UQÀM, j’ai choisi la jolie ville de Québec pour faire travailler mes neurones.

Ai-je un cerveau?

Je n’étais certes pas préparée à affronter le monstre « science », sa complexité, sa terminologie dont je n’ai pas encore assimilé toutes les subtilités. Un syntagme vous dites? Subsumer, hein? Épistémologie, herméneutique, euh… sortons le dictionnaire pour la centième fois. Êtes-vous positiviste ou constructiviste? Attendez, je vérifie et je vous reviens. Je n’ai jamais autant senti les limites de mon esprit qu’en ces deux années d’études. Avoir l’impression constante de frapper un mur, d’avoir l’esprit embrouillé, de remettre en question mon intelligence. On essaie de vous amener ailleurs, dans un univers que vous n’avez jamais exploré. On vous pousse à dépasser vos limites, à sortir du sens commun, à voir plus loin que l’évidence.

Cet exercice est pénible. Ayant toujours été une bonne élève sans être la plus studieuse, je n’ai jamais autant investi de temps dans mes études. Je voulais être à la hauteur des gens brillants que je côtoyais avec la conséquence de récurrentes remises en question, à jouer le jeu des comparaisons. La dépréciation est facile et pourtant, on est tous dans le même bateau. Petit conseil : ne jamais s’isoler à la maîtrise, autrement, vous vous sentirez bien seul avez vos questionnements, vos doutes, vos insécurités. On se rend vite compte qu’on angoisse tous, qu’on manque de temps, qu’on regrette à nos heures de s’être engagés dans cette galère. Les « thérapies collectives », comme on nommait nos rencontres informelles, sont très bénéfiques et nous permettent de réaliser qu’on n’est pas seul à se remettre constamment en question.

Stress, stress, stress, quand tu me tiens

Les études supérieures, c’est aussi la présentation de communications dans des colloques et congrès scientifiques, du moins, lorsqu’on a un directeur comme le mien, ambitieux pour ses étudiants. C’est un peu à reculons que j’ai participé à mon premier colloque. Quelques étudiants en communications, plusieurs en science politique. Des gens brillants, éloquents. La plupart au doctorat. C’était la première fois que je présentais mes résultats de recherche. L’angoisse totale. Peut-être êtes-vous comme moi, mais parler en public me terrifie. Si j’aime qu’on reconnaisse la qualité de mon travail, je n’aime pas me retrouver directement sous les projecteurs. La peur d’être jugée, de perdre la face, de ne pas être à la hauteur.

Quand le stress décide de se frayer un chemin en moi, rien ne l’arrête. J’ai beau rationnaliser, me trouver ridicule, prendre de grandes respirations, rien n’y fait. Il est têtu. Aucun symptôme ne m’épargne. En ces quinze minutes où me revient la parole, j’ai mal au ventre. Ma bouche est sèche. Je dois m’y prendre à deux mains pour porter le verre d’eau à mes lèvres en souhaitant que l’assistance ne voit pas mes mains trembloter. Aussitôt la gorgée prise, j’ai de nouveau la bouche sèche. Je suis sure qu’on l’entend. Mon cerveau est engourdi. Je m’en tiens à mes notes et fait avancer mécaniquement ma présentation visuelle. Ne me demandez surtout pas d’improviser. Je ne réfléchis plus. Je n’ai plus de cerveau. Mécontente, je retrouve ma place, déçue de moi, de mon peu d’aisance à parler en public, malgré une présentation intéressante sur laquelle j’ai investi beaucoup de temps. Quelque part, dans l’espoir de gagner ce prix, celui de la meilleure communication. Mais il y en a tellement d’autres, meilleurs que moi… Le syndrome de l’imposteur fait son chemin. Je n’ai décidément pas ce qu’il faut.

Arrêter de douter

Petite leçon : arrêter de douter. De se mettre trop de pression. De manquer de confiance. De penser que les autres sont meilleurs. Arrêter de douter. De ses compétences. De sa pertinence. De son intelligence. Arrêter de douter. Que notre place est ailleurs sauf ici.

Parce qu’au fond, on est bon. On a reçu le prix de la meilleure communication.

Dépasser ses limites

Normalement, je n’aurais pas participé à ce colloque, à ce congrès national où j’étais récemment. Je manque de cran, j’ai peur de l’échec. Je ne devrais pas. On apprend toujours des événements qui nous sortent de notre zone de confort, qui nous mettent au défi. On en ressort plus fier. Si je n’ai pas l’aisance verbale de certains, j’ai certainement ma place dans l’univers de la recherche scientifique. La reconnaissance que j’ai eue lors de ce premier colloque me l’a prouvé. Au bout du compte, affronter nos peurs, c’est payant et c’est gratifiant. N’hésitez pas à vous mettre en danger, à investiguer des univers qui ne vous sont pas familiers.  Sans aucun doute, vous y gagnerez.

Mélanie Verville

À la fois rêveuse et terre-à-terre, Mélanie a soif de connaissances. Google addict, toujours un bouquin à la main, gourmande, épicurienne, globetrotter, elle prône l’équilibre entre sa vie personnelle et professionnelle. Elle blogue aussi à ses heures pour discuter des petits plaisirs de la vie de Mélanie. Ambitieuse mais discrète, elle espère faire son chemin et arriver à la fin du long voyage, sans regrets, le sourire aux lèvres.

Les photos ont été prises ici, ici et ici.
  1. gaèle says:

    jadooooorrrrrrreeeeee ton écrit mélanie!!!!

    je partage complètement cet adage:oser oser et oser car aller vers des sentiers “inconnus” aux 1ers abords nous révèle plus tard des terrains familiers qu’on observait de la lucarne de notre maison:)

    très heureuse pour toi, je te souhaite une très belle continuation dans ton parcours:D

    bizouX

  2. Merci Gaèle pour ton gentil mot!

    Comme tu le dis si bien, il ne faut pas hésiter à oser. On y gagne toujours. Et avec le recul, on se dit que finalement, ce qu’on voyait comme une épreuve n’était pas si pénible. Cela donne même le goût de relever de nouveaux défis, encore plus grands que les précédents!

    Mélanie

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