Publié par Julie dans En vedette, Inspiration, Julie dans la vie, Rêves, ambitions, action!, Tous les billets | 3 commentaires
Confortablement inconfortable
Suivre son intuition ou sortir de sa zone de confort?
Ce sont deux concepts dont on entend souvent en entrepreneuriat et pour des rêveurs et fans de dépassement de soi comme vous et moi, ce sont des concepts motivants, voire grisants par moment.
- D’abord, la confiance et la certitude que notre cœur et notre âme savent ce qu’il y a de mieux pour nous.
- Et ensuite, la confiance et la certitude qu’on peut accomplir encore plus que ce qu’on a accompli par le passé, et la promesse que l’avenir et la nouveauté nous réservent encore plus de fierté, de satisfaction et de découvertes enrichissantes.
Mais est-ce qu’il vous est déjà arrivé que les deux se contredisent? Que votre petite voix vous dise de rester dans votre confort? Alors on fait quoi dans ce temps-là? On se botte le derrière quand même ou on rebrousse chemin?
S’écouter juste assez
Rewind au 12 janvier. Dans ce billet sur le défi 30 things, j’ai parlé de dire oui plus souvent versus apprendre à dire non. D’essayer des choses nouvelles, de réinventer la perception qu’on a de soi… mais même si j’étais la première à embarquer avec enthousiasme dans le projet, je me suis rapidement mise à me questionner.
- Où est la ligne entre le respect de soi et le dépassement personnel?
- Entre trop et ne pas assez s’écouter?
- Jusqu’où devons-nous repousser nos limites?
- Comment distinguer la peur non fondée du signal d’alarme?
- À quel point devons-nous sans cesse nous pousser à aller plus loin, encore et encore?
- Jusqu’où et combien de temps devons-nous tolérer l’inconfort avant de lancer la serviette?
- Doit-on vraiment travailler uniquement sur nos forces ou tenter d’améliorer nos faiblesses?
Au cœur du dilemme
Début janvier, une amie m’envoie sur Twitter un lien vers une compétition Web organisée par les gens de l’industrie. Un Ironman du Web, c’est à dire un Ironweb. Le concept : construire un site Web en 48 heures, enfermés dans une suite d’hôtel. Le tout serait filmé et diffusé sur le Web en direct, dans le style d’une webréalité.
Intéressée par le concept, j’ai manifesté mon intérêt pour l’événement (à ne pas confondre avec mon intérêt à participer à l’événement). Puis, quand quelqu’un m’a demandé si j’allais m’inscrire j’ai dit : « Peut-être bien! », sans grande conviction intérieure. J’ai bien pris le temps de m’imaginer là-bas. Mais à l’idée d’avoir tous les yeux braqués sur moi et sur mon travail, j’ai fini par me dire que ce n’était pas mon genre. Que je n’étais pas assez cool ou extravertie. Moi, je suis plus à l’aise dans l’ombre, derrière l’écran d’ordi. Pas dedans. Puis, j’ai laissé filer le temps et la date limite d’inscription. Oups! Tant pis.
C’est alors que la période d’inscription a été prolongée et que plusieurs personnes se sont mises à me demander pourquoi je ne m’inscrivais pas, renchérissant avec des arguments : « ça serait génial, tu as le profil, ça donnerait de la visibilité à ton entreprise, etc.». Et j’ai fini par dire oui. Parce qu’après tout, dire oui à 30 choses auxquelles j’aurais habituellement dit non était ma résolution de l’année. J’avais là la meilleure occasion de tester le concept. J’allais au moins me présenter à l’entrevue. Comme ça, l’univers déciderait pour moi si j’ai à vivre ça.
Surprise! L’univers a dit oui.
Jusqu’au soir ou je suis allée à l’entrevue, j’hésitais encore. Même mon chum – qui me voyait stresser – me disait que je n’aurais pas dû m’embarquer là-dedans, que j’avais déjà plein de projets, etc. Puis, j’ai mis les pieds dans les bureaux d’iX-Media où avait lieu l’entrevue et instantanément, je suis sortie de ma tête pour plonger dans ma vie. Tout de suite, j’ai senti les étincelles, le désir de performer, de gagner. Je me suis surprise à être à l’aise devant la caméra, même ma voix habituellement chevrotante quand je suis stressée était claire et posée. Je suis sortie triomphante : « Je change! La pratique m’aide à me perfectionner! Je m’améliore! Je ne suis plus la fille que je crois être dans ma tête, ma vision est restée dans le passé, mais moi, j’ai grandi!»
Le jour J
Bien honnêtement, jusqu’au jour J, j’ai continué à me demander dans quoi je m’étais embarquée. Mais dès que je suis arrivée là-bas et que j’ai rencontré les autres participants, je me suis félicitée d’avoir foncé. Parce que j’étais contente de vivre ça. L’adrénaline, les nombreux défis, le peu de sommeil. Ce n’était pas juste un super défi professionnel me permettant de mettre de l’avant mes compétences et de me faire connaître. C’était simplement vraiment l’fun. J’ai adoré, adoré, adoré mon expérience et, bonus, mon équipe a gagné.
Quand je suis revenue chez-moi, crevée, après 2 jours sans trop de sommeil, je n’en revenais pas. Je n’en revenais pas que j’aurais pu passer à côté de cette expérience, de cette vitrine, de cette opportunité.
Cette fois-là, si j’avais écouté ma petite voix, je me serais trompée…
Ma conclusion?
Je ne sais pas si j’ai vraiment trouvé comment faire pour distinguer la petite voix qu’il faut taire de celle qu’il faut écouter. Mais en analysant la situation, je comprends que la raison pour laquelle l’Ironweb était une opportunité à saisir pour moi, c’est qu’elle me permettait d’aller vers la vie que je veux vivre et la personne que je veux être. Vers mes objectifs personnels et professionnels.
D’abord, c’était une opportunité de visibilité pour mon entreprise
Ça ne veut pas dire que je dois dire oui à toutes les opportunités de visibilité qui pourraient me permettre de dénicher de nouveaux clients, mais là, c’en était une qui collait à mes objectifs personnels et à mes valeurs : être une actrice reconnue de l’industrie du Web à Québec. J’ai envie de faire partie de cette communauté, de tisser des liens avec les autres pros du Web à Québec, de m’impliquer. Et l’Ironweb allait en ce sens.
Ensuite, c’était une opportunité de sortir de l’ombre
Toute ma vie, j’ai été la fille dans l’ombre. Au secondaire, j’avais de très bonnes notes mais les profs avaient parfois du mal à se souvenir de moi quand je les revoyais deux ou trois ans plus tard. Pourtant, j’avais déjà du caractère, mais en public, je m’effaçais. J’ai toujours fait ma petite affaire, trouvant plus de plaisir à me dépasser moi-même qu’à dépasser les autres. À un certain moment donné, j’en suis devenue frustrée. Frustrée de voir que ceux qui allaient vers les autres se voyaient offrir plus d’opportunités que moi. J’ai donc décidé de développer ça, de m’exercer à prendre ma place. Je me suis mise à prendre la parole plus souvent, à animer des réunions au travail, à animer des ateliers, à donner des cours de groupe dans un gym et l’Ironweb, c’était une autre façon de m’exercer. Je me réjouis de savoir que ça a porté fruit et que de fois en fois, je suis plus à l’aise. Mais cet objectif, il vient de moi. C’est la personne que je VEUX être et pas celle que je crois DEVOIR être. C’est cet objectif personnel qui a motivé l’idée de prendre part au défi. Même si mon inconscient, lui, s’amusait à me rappeler que je suis la fille de l’ombre.
Bref, à partir de maintenant, quand j’hésite à dire oui à une opportunité ou à sortir de ma zone de confort, je me demande si c’est en lien avec mes objectifs personnels ou professionnels et mes valeurs. Et si oui, je me dis que je dois au moins essayer.
Je serais curieuse de vous entendre sur le sujet. Est-ce une réflexion que vous avez déjà eue, avec vous vécu des expériences semblables?
Réussissez-vous à distinguer la petite voix à taire de celle qu’il faut écouter?
Les photos utilisées sont les photos officielles du Ironweb par Marc-Antoine Jean Photographe et Francis Fontaine Photographe
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J’ai beaucoup aimé lire ton billet. Je vis un peu la même chose depuis 1 mois. Depuis plusieurs années il y a une facette de mon travail que j’ai toujours voulu expérimenter. C’est un gros dossier, beaucoup de temps et d’énergie. Je voyais ca tellement gros, je n’osais pas foncer. J’avais peur et surtout… c’était hors de ma zone de confort !
Un matin j’ai rêçu un appel, une offre, et j’ai senti en dedans de moi un grand vent, je respirais ! Je me suis dit que le timing était parfait, je me sentais sereine.
J’ai fait le grand saut, j’oeuvre depuis 1 mois dans ce domaine, ma personnalité ressort, je performe, je suis apréciée.Le gros dossier que je pensais si difficile ne l’est pas finalement parce que je m’y plais alors ca coule comme de l’eau !
Wow ! Je suis contente, je connecte énormément avec ce que tu dis et j’aprécie réellement ! Merci Julie !
Ah! On m’avait dit de venir lire ta chronique, que ça me ferait du bien… C’est le cas, merci Julie. Même quand on n’est pas une fille de l’ombre, comme tu le dépeins dans ta chronique, viens un moment où on se questionne sur les opportunités qui nous sont offertes… Et je suis justement dans une période comme ça. Plein de beaux défis s’en viennent pour moi, comme autant de cadeaux, mais aussi de “briseurs de routine”, ce qui m’insécurise… Et pourtant! Alors, merci!