Publié par Julie dans En vedette, Inspiration, Julie dans la vie, Tous les billets | 5 commentaires
Rétrospection
Fin juillet, j’ai célébré mes 27 ans. Et la semaine dernière, j’ai participé à mon conventum du secondaire. Oui, les retrouvailles qui ont lieu 10 ans après le bal des finissants de sec. 5. Pouvez-vous y croire? En tout cas, moi je m’étonne encore que 10 ans se soient écoulés déjà depuis cette époque-là :
Contempler le chemin parcouru
Dans mon livre à moi, étape charnière et réalisation du temps qui passe rime avec rétrospection. Je suis bonne là-dedans : regarder le chemin parcouru pour mieux évaluer la direction à prendre aujourd’hui. J’aime bien me remémorer les expériences que j’ai vécues, les leçons et apprentissages que j’en ai retenus. Je m’étonne toujours d’à quel point la personne que je suis aujourd’hui a à voir avec les choix que j’ai faits, les décisions que j’ai prises, les obstacles que j’ai surmontés et les situations dans lesquelles je me suis retrouvée volontairement ou non. Le destin me fascine.
Jeter un œil dans le rétroviseur a aussi toujours l’effet de revigorer ma confiance en mes moyens, en l’avenir et en la vie, tout simplement. Parce que je ne peux faire autrement que de constater qu’en fin de compte, tout finit toujours par être parfait. Rien n’arrive pour rien. Même les pires moments de tristesse, de détresse ou de confusion sont là pour quelque chose. Quoi qu’il advienne, j’ai toujours l’impression qu’on finit par aboutir à la bonne place.
Que s’est-il donc passé depuis 10 ans?
Août 2000
Je me vois encore dans ma chambre encombrée de bagages. J’étais avec 2 ou 3 de mes meilleures amies. C’était un de mes derniers jours au Saguenay avant de quitter mon univers connu pour aller étudier à Québec. Je ne me souviens pas si on pleurait toutes ou si c’était juste quelques-unes d’entre nous, mais on avait l’impression qu’on ne se reverrait jamais, ou à tout le moins qu’un chapitre cher à notre cœur venait de se terminer. Nous nous trompions à moitié : nous nous sommes revues et nous nous revoyons encore quelques fois par année, mais nos meilleurs souvenirs datent encore d’avant la fin du secondaire.
Et moi, je ne le savais pas encore, mais j’allais vivre le premier grand défi de ma vie.
Automne 2000
La fille plutôt timide que j’étais était habituée à avoir une vie sociale bouillonnante sans effort. Je ne m’étais jamais retrouvée sans amis. N’avais jamais déménagé dans une ville inconnue ni eu à faire ma place au sein de groupes d’amis déjà tissés serrés. Heureusement, j’habitais chez ma marraine, amie et complice de toujours. Cela signifie que je bénéficiais de la chaleur et de l’ambiance familiale de son foyer. En contrepartie, le fait de ne pas vivre sur « le campus » rendait plus difficile de créer des liens avec d’autres étudiants de l’extérieur.
C’est précisément à cette époque-là que, par la force des choses, j’ai commencé à « travailler sur moi». J’ai tout de suite su que je devais travailler sur ma timidité, aller davantage vers les autres. Mais laissez-moi vous dire que ça ne venait pas de soi. C’est aussi à ce moment-là que, parfois désespérée par ma vie exempte de l’aspect trépidant propre à la vie d’étudiante post-secondaire, j’ai pris en main mon propre bonheur en intégrant des petits plaisirs (acheter un magazine, écouter le dernier épisode de Dawson’s Creek) dans mon quotidien pour rendre le tout plus supportable. J’étais déjà optimiste, mais je faisais l’effort conscient de m’accrocher au positif (ce qui incluait le « allo » qu’un de mes collègues de classe me lançait à l’occasion dans l’autobus). Je faisais chaque soir la liste des événements positifs dans mon journal.
Printemps 2001
Au cours de l’hiver, j’ai planifié mentalement mon retour au Saguenay au moins 1000 fois. Mais au fond de moi, une petite voix m’avait toujours empêchée d’abandonner. Au printemps, ma liste de connaissances comptait déjà plus d’une vingtaine de noms. Des collègues de travail (j’étais commis dans un Zellers), des gens que j’avais croisés dans mes cours ou avec qui j’avais fait équipe pour un travail, etc. Surtout, j’avais réussi à sortir de ma zone de confort et mes efforts avaient payé. J’avais aussi appris à me connaître. À détacher mon identité de celle de mes amies. Même que j’avais peur de retourner au Saguenay pour l’été. Peur d’être différente et de recommencer à zéro à mon retour. Mais je m’inquiétais pour rien. L’été qui a suivi a été un des plus beaux de ma vie. J’étais légère, fière et bien dans ma peau.
Et la suite
Je ne détaillerai pas toutes les saisons des 9 années suivantes. Sauf si un jour j’écris ma biographie, qui sait? Mais pour faire une histoire courte (ok, c’est peine perdue, elle est déjà longue), cette décision de partir étudier à l’extérieur, prise un peu sur un coup de tête, a été à ce jour la plus déterminante de ma vie. Et avoir su que ce serait à ce point un défi, je ne suis pas certaine que je serais partie. J’ai été déstabilisée à trop d’égards et j’ai appris trop de chose cette année-là pour vous en faire la liste exhaustive, mais je sais pertinemment que je ne serais pas la même personne si je n’étais pas partie. Et ma vie ne serait pas la même non plus. À titre d’exemple, c’est cette année-là que mon regard a croisé celui de mon amoureux – oui, celui avec qui je vais me marier l’an prochain – pour la première fois. Le destin vous direz… Peut-être.
Mais comme le dit Elizabeth Gilbert dans le livre Mange, Prie, Aime que je viens tout juste de terminer : le destin est à moitié de notre ressort et à moitié hors de note contrôle.
Automne 2001
Le scénario de l’année 2 ne ressemble en rien à celui de l’année 1, croyez-moi. Dès la première journée, mon carnet de connaissance a au moins doublé et j’ai entamé un carnet de vrais amis. Ça a été l’année des beuveries propres à la vie de cégépiens, l’année où je me suis fait un «vrai» chum (ça n’a pas duré, heureusement) et l’année où j’ai enfin eu l’impression d’être dans ma vie et non passagère dans une vie étrangère. On dit que ça prend un an pour s’adapter à un nouvel environnement. Ça a été vrai pour moi.
Automne 2003
J’ai sauté l’épisode 2002, qui a été rempli lui aussi d’apprentissages et d’événements marquants mais sur un tout autre niveau (première vraie peine d’amour, ça vous dit quelque chose? C’est aussi l’année où j’ai gagné et reperdu (Dieu merci) 15 livres et, moment heureux : c’est aussi l’année où Steph et moi avons scellé un peu plus notre destin.) Donc, à l’automne 2003, j’ai déménagé mes pénates à Montréal pour mes études universitaires. J’avais toujours beaucoup aimé Montréal – beaucoup plus que Québec d’ailleurs. Et j’avais besoin de changer d’air. C’est que mon expérience de déracinement/enracinement m’avait donné le goût des défis. Quand on apprend à tirer profit du changement, on prend goût à la nouveauté et on en redemande, je vous l’assure! Et je peux vous dire que j’ai été bien servie. J’ai été appelée à me dépasser encore et à apprendre à me connaître davantage à travers des situations inattendues et pas toujours agréables sur le coup. Et encore cette fois, je suis reconnaissante pour ces leçons, ainsi que pour les trois solides et profondes amitiés que m’a léguées mon Bac en RP.
En 2006, Bac en poche, je suis repartie à l’aventure, sur un coup de tête encore. Vers Québec cette fois, où j’ai trouvé la vie dont j’avais toujours rêvée, que j’avais cherchée tout au long de ces années plus ou moins nomades. Et je ne sais pas si c’est un hasard, mais on dirait qu’à chaque nouveau chapitre, les «récompenses» arrivaient plus rapidement. Plus jamais je n’ai eu à attendre un an pour me sentir chez moi.
Presqu’automne 2010
Je ne sais pas si je déménagerais à nouveau sur un coup de tête de sitôt. Je suis bien dans ma vie, dans mes affaires, dans mon quartier en ville, dans mon univers. Je n’ai pas envie de bouger de là, ne serait-ce que pour aller en banlieue (surtout pas pour aller en banlieue, en fait), mais c’est vrai que je ne dirais pas non pour vivre une année à New York. Ou s’il fallait que Bellevil parte en tournée, je les suivrais sans hésiter. Le bonheur n’est pas un endroit.
Arriver seule en quelque part, j’ai le sentiment d’avoir assez donné. Par contre, je sais que d’une façon ou d’une autre, je chercherai toujours à me dépasser. Je crois que ce besoin de défi ne me lâchera pas. Qu’à intervalle irrégulier, selon les événements de ma vie, j’aurai envie de marcher jusqu’au bord de la falaise. Là où le vertige nous prend.
Le fait que je veuille lancer mon entreprise est un bon exemple. Même si malheureusement, je suis moins «inconsciente» qu’à 17 ans (après tout, 10 ans se sont écoulés). J’ai davantage la peur au ventre. J’arrive plus difficilement à prendre des décisions majeures sur un coup de tête. J’ai peur de l’inconfort. Et ce même si je sais qu’on a rien sans rien.
Heureusement, passer en revue ces 10 dernières années me redonne un peu de pep. Quoi, tu as peur? Pfff, t’es passé à travers tout ça, tu te souviens? Et t’en es même RECONNAISSANTE. À go, tu plonges et tu répètes le scénario…
Passer en revue ces 10 dernières années m’amène à penser que je n’ai sûrement pas cultivé cette habitude, si jeune, pour rien.
Au fond, c’est peut-être mon destin.
Reste à prendre en mains la partie qui m’appartient. À go…
Êtes-vous comme moi?
- Un regard sur les dix dernières années vous apprend-il quelque chose à votre sujet?
- Reconnaissez-vous des « patterns » récurrents dans votre vie?
- Quelque chose qui vous anime depuis toujours?
J’aimerais bien vous lire sur le destin, les moments déterminants de votre vie et les leçons que le temps vous a apprises.
D’ailleurs vous ne le savez pas, mais je suis là, derrière mon écran, et j’attends impatiemment vos commentaires. (J’exagère à peine)
Et surtout, ne soyez pas gênés, on est entre nous!







Wow ! Super !!
Je me reconnais beaucoup dans certains événements que tu as vécus ! J’en ai pleuré des samedis d’hiver toute seule dans mon salon à vouloir aller retrouver ma mère au Saguenay !!
J’ai affronté des peurs incroyables, et vécu des choses beaucoup plus vite que je n’y aurais pensé !
J’ai appris dans les 10 dernières années à me selon mes talents et ma personnalité et non à ce que les autres me font ressentir. Non à ce que je semble projeter.
J’ai développé une confiance en moi, et surtout à m’aprécier ! Ce que je pensais pas du tout il y a 10 ans !
Des gens m’ont fait réaliser, au conventum, que je n’exploite plus mon côté artistique. Malheureusement, c’est vrai ! Je compte bien m’y remettre, le chant, la peinture, la danse, Ouf ! Juste à y penser j’ai des papillons !!
J’ai aussi appris que j’ai l’âme généreuse et voyageuse !! Je compte bien ajouter plusieurs voyages humanitaires dans mon futur !!
j’écrirais bien à l’infini, il y a tellement à dire !
Merci Julie c’est très plaisant de connecter comme ca avec toi !!
Allo Julie!faire le bilan de 10ans, en fait, je devrais faire le bilan de 20 ans. Je viens tout juste d’avoir 41 ans, je me sens comme si j’en avais 28, je suis avec mon amoureux depuis presque 20, j’ai 3 garçons ados, je travaille dans le même domaine depuis 22 ans!! Heureusement que je suis pigiste, au moins c’est varié!Et oui, je suis à un moment de ma vie ou je devrais faire un bilan, j’en fait parfois, mais par bloc ou tranche de vie. Je t’invite à lire le blogue de mon “petit” frère, il a écrit un truc qui ressemble au tien!http://www.manuelparent.com/2010/07/lettre-moi-meme-dun-18-ans-lautre.html Je crois comprendre ici un signe que je dois faire de même, un bilan de vie pour mieux avancer dans la vie, car il n’arrive jamais rien pour rien! ciao!
Tu écris bien Julie, c’est un tel plaisir de te lire même si, le l’avoue, avoir lu en diagonale à certains endroits par manque de temps. Quel beau parcours ! Tu es une fille inspirante qui a du guts, équilibrée et mature
) Ne quitte pas des yeux l’horizon que tu vises et tu vas l’atteindre:)
Belle idée de faire un bilan sur la dernière decennie !
Ciaao !
Chère Ju,
Comme tu le sais, on partage ce côté rêveur qui nous amène à voir les événements du passé comme autant de vagues qui nous mènent vers une destination merveilleuse, à la fois inconnue et bien réelle. J’aime me remémorer le passé car avec du recul, je revois les petits “clins d’oeil cosmiques” comme j’aime tant les appeler, ces petits cailloux brillants que l’univers a mis sur mon chemin pour m’amener ici et maintenant, à l’endroit exact où je dois être pour évoluer et cheminer.
Je suis contente qu’on s’accompagne dans nos vies respectives. Je trinque (avec mon thé) aux prochains dix ans, qui s’annoncent tout aussi prometteurs que la décennie passée! xx
Allo
Super beau résumer de ta vie!!! continue dans ce sens et ne lâche pas, go pour ton projet !!!
je t’aime xx